Quelques bases: tisanes, décoctions, macérations, sirops … et tout le reste!

Parce que j’entends souvent des confusions entre les différentes préparations, voici une base brève qui te permettra de commencer seul.e :

L’infusion, vulgairement appelée ‘tisane’ :

Dans une théière ou une tasse, mettre une pincée de plantes et verser l’eau frémissante (90° max) dessus. Laisser infuser entre 5 et 10 minutes pour des fleurs. Laisser jusqu’à 15 minutes pour des feuilles. Laisser couvert. Enlever les plantes et boire le liquide dans l’heure. Sauf pour les publics cités plus bas, il est bien de limiter les tisanes à 3 tasses par jour.

La décoction : dans une casserole, mettre les plantes et de l’eau froide. Couvrir. Faire bouillir. Selon s’il s’agit de racines, baies, feuilles épaisses, baies ou fruits, le temps peut aller de 10 à 30 minutes. Couvrir tout le long. Au bout de ce temps, enlever les plantes. Laisser refroidir et utiliser.

La macération : mettre en contact des plantes à froid avec un liquide (huile, eau, alcool, vin). Sauf conseils avisés, il est déconseillé de dépasser les 10 heures de macération. Risque de fermentation.

Le sirop : à partir de plantes fraîches de préférence. On fait une grande infusion de plantes. Il s’agit d’une dissolution de 180g de sucre (blanc déconseillé) dans 100g d’infusion. Verser à chaud dans les flacons. Fermer. Consommer à froid dans un verre d’eau.

D’une manière générale, il faut toujours couvrir la préparation. Risque d’évaporation des principes actifs. Une transformation de plantes n’est jamais anodine pour le corps. Par exemple, le simple faite de toucher une infusion de millepertuis, rend la peau photosensible.

Oublions le sucre dans nos tasses. Le sucre est l’ennemi d’un foie sain. Préférez le miel. Ou un sucre complet à défaut.

Oublions la boule à thé ! Elle compresse les plantes qui ne peuvent se diffuser correctement. Préférez le sachet en papier. Ou simplement quelques plantes directement dans la théière et verser l’eau dans les tasses (cf infusion).

Oublions les sachets de plantes à tisanes individuels vendus dans le commerce ! On n’y trouve que de la poussière de plantes ! Préférez déguster des plantes en vrac cueillies à la main  = )

L’hysope – hyssopus officinalis

Quand je parle de l’hysope, je parle aussi du thym et du romarin, dont les propriétés toniques et stomachiques sont assez proches.

J’écris ici à propos de l’hysope comme amie des gorges fragilisées en hiver. Pierre Lieutaghi, nous met cependant en garde. Il s’agit d’une plante, aux vertus béchiques notables, va assécher et nettoyer les centres nerveux de la respiration. C’est pour cela que les gorges irritées sèches vont trouver meilleur remède avec le bouillon blanc, la mauve et la guimauve.

L’hysope aura tendance à assécher une toux déjà sèche. Elle reste utile en cas de toux grasse à purifier. Le bouillon blanc, comme dit ici, possède des propriétés émollientes. Le bouillon blanc adoucira et soignera les gorges sèches.

En cas d’affections bronchiques donc, il convient de préparer une tisane : 10 à 20 g d’hysope dans une théière, couvrir d’un litre d’eau chaude (non bouillante!),filtrez au bout de 10 minutes. Buvez !

 

 

Une productrice de PPAM (Plantes à Parfum Aromatiques et Médicinales) m’a parlé de l’hysope dans la cuisine. Fraîche elle est excellente pour relever une salade. On peut la trouver au jardin en juin ! Sèche, elle ravira les papilles des carnivores ou des amateurs de poissons au four. Bon appétit !

 

Attention ! Les personnes épileptiques doivent se détourner de l’huile essentielle d’hysope.

La Bourrache, amie de l’hiver et des gorges sensibles

Borrago officinalis L.            Famille des borraginacées

J’ai récolté la bourrache à 10 ans, dans la campagne corse, avec ma grand-mère.

C’est une jolie petite fleur bleue avec des poils raides, un peu piquants pour les mains jeunes. La corolle étoilée réunie des étamines noires. La Bourrache est annuelle. Pousse facilement et fleurie de mai à août. Il est impératif de la sécher rapidement après récolte. Sans quoi, les fleurs peuvent perdre leur couleur, noircir et moisir.

Son nom vient des Maures d’Espagne, qui à cause de ses vertus sudorifiques, l’auraient nommée : « Aubourach » – « le père de la sueur ». On entend aussi qu’elle viendrait du latin « borrago » et « cor-ago », qui stimule le cœur. On la sait apéritive, dépurative et sudorifique, en fleurs (contient des tanins).

J’utilise les fleurs pour ses propriétés expectorantes, émollientes, antitussives. Je l’associe à la mauve et au bouillon blanc : rhume, bronchite, pneumonie.

On la trouve sous forme d’huile (macérât huileux) car elle est excellente pour la peau. Grâce à son mucilage, elle préviendrait du vieillissement cutané. L’huile de bourrache aiderait à lutter contre l’acné juvénile et les vergetures. Une autre plante pour une belle peau: le calendula officinalis.

J’ai appris que pour l’acné, on peut préparer un jus d’herbe dépuratif : les feuilles fraîches de bourrache, le pissenlit et le cresson écrasés.

Une petite recette de sorcière : le suc frais (120g), mêlé à 3 ou 4 tasses de petit-lait ou de bouillon de veau, est, dit Roques (1837), « une excellente boisson lorsque les reins et la vessie ont un état de spasmes ou d’irritation, et que les urines coulent difficilement ».

Attention ! Sa teneur en alcaloïdes la rend déconseillée aux femmes enceintes, personnes souffrant de troubles hépatiques (foie) et épileptiques.

Le cynorrhodon, fruit de l’églantier

Rosa canina – famille des rosacées – différent de la ronce!

Nous sommes en janvier. Il fait froid. Certains disent que l’hiver n’est pas arrivé mais le cynorrhodon a eu le temps de rougir pour mon plus grand plaisir! Ce matin je me suis promenée au parc des Beaumonts. Un parc naturel à Montreuil (93). J’ai eu le plaisir de prendre mon petit-déjeuner avec le cynorrhodon.

Ce fruit – de l’églantier – est gorgé de vitamines A, B et C (surtout!). Ma grand-mère me parlait du poil à gratter qu’elle cueillait dans son jardin. Lorsque j’ai travaillé avec des paysans herboristes, j’étais étonnée de savoir que ce poil à gratter n’était autre que ce célèbre cynorrhodon !

En effet je vois les fruits rougir entre octobre et mars. Ils se composent d’une peau, une pulpe très bonne, de graines et de poils à gratter. Pour le déguster sur place il faut le presser légèrement pour en extraire la pulpe. Elle est gorgée de vitamines utiles en hiver telles que la vitamine C. Pas étonnant qu’il mûrisse à l’approche de l’hiver :

100 grammes de cynorrhodons contiennent autant de vitamines C qu’1 kilo de citrons ! Une dizaine de fruits écrasés pour ¼ de litre d’eau froide. Faire bouillir 4 à 5 minutes. Laisser infuser 10 minutes. Boire 1 tasse chaude midi et soir.

Les poils à gratter – qui démangent vraiment ! Je connais le cynorrhodon comme astringents et laxatifs, très efficaces contre les oxyures. Tu sais, ces petits vers qui grattent le cul.

 

Attention ! Toxicité !Attention à la toxicité des fruits à dose élevée. On note un effet sédatif, spasmolytique avec baisse de l’activité neuromusculaire.

Le Bleuet pour une jolie peau ferme

Le Bleuet – Centaurea cyanus

As tu déjà vu un bleuet à l’état sauvage ? C’est une magnifique petite fleur bleue, de la famille des composées tubuliflores. Elle est de la délicatesse d’un bijou.

Je connais le bleuet car ma grand-mère l’utilisait comme lotion de beauté maison. Elle l’employait sur le visage pour tonifier et raffermir l’épiderme.

Je connais surtout le bleuet comme remède externe pour les yeux malades. J’ai trouvé une recette :

Dans l’Antiquité on pensait que le bleuet soignait les yeux bleus et le plantain, les yeux marrons.

Une petite recette pour laver les yeux : 10 grammes de feuilles de plantain, 5 grammes de fleurs de bleuet, 5 grammes de mélilot. Verser dessus 150 grammes d’eau bouillante. Infuser ¼ d’heure. Passer et exprimer. Prendre 2 ou 3 bains d’yeux avec une œillère en ouvrant l’œil dans le bain ou en lotions tièdes en changeant chaque fois le coton. Utile en cas de conjonctivite, irritation des paupières, faiblesse de la vue.

 

Quelques notions scientifiques :

La tige et les feuilles contiennent un glucoside (centauréine), une substance colorante bleue, appelée cyanine. Les fleurs regorgent de dérivés flavoniques et anthocyanosides. En un mot, des propriétés anti-inflammatoires.

 

Tu peux retenir les propriétés anti-rhumatismales, diurétiques, astringentes (lavage oculaire, orgelet, lavage du cuir chevelu à pellicules, bains de bouches …), soins de la peau.

La grande consoude qui ressoude

Dite « symphytum officinale », de la famille des borraginacées, elle pousse dans les endroits humides, marécageux, les sols gorgés d’eau.

Il ne faut pas la confondre avec la digitale – plante hautement toxique – (photo ci contre), que j’ai aussi trouvé dans des campagnes humides. Je signale cela car, avant la floraison, on pourrait s’y méprendre. La digitale fleurit avec des fleurs   » bouches  » violettes.

La grande consoude dépasse rarement les 70 cm de hauteur. Elle fleurit de mai à juillet. Elle est quasi indélogable d’un jardin naturel. On utilise principalement sa racine. La racine à sécher se récolte de l’automne au printemps. On la trouve toute l’année pour une usage immédiat.

La grande consoude, dont je mets la photo ci-dessous, comporte des fleurs roses, violacées ou d’un blanc jaunâtre. Elles sont roulées sur elles-mêmes avant la floraison. Se déploient progressivement ensuite.

La grande consoude qui ressoude vient du latin consolida de consolido: je consolide, je répare. En effet elle est une cicatrisante très efficace grâce à la présence de l’allantoïne. L’allantoïne rend la plante astringente des tissus.

EN INTERNE

Certains l’utilisent en interne, en tisane, en cas de brûlures d’estomac. Egalement très riche en mucilage, elle se montre émolliente et calmante. Je la connais en usage externe et préfère te la conseiller ainsi.

EN EXTERNE

On utilise la racine, fraîche de préférence, épluchée, bien lavée, ébouillantée, broyée. A défaut la décoction concentrée (200 g de racine sèche pour 1 litre d’eau; bouillir 1/4 d’heure). La grande consoude déterge les plaies, tarit les suppurations, entraîne une régénération rapide des tissus. Il est indispensable, bien entendu, de nettoyer la peau avant application.

En cas de fêlures je l’ai connu comme cataplasme directement sur la plaie. On réalise un cataplasme de grande consoude avec les feuilles ou les racines fraîches. Il est nécessaire de piler les plantes. On l’applique ensuite directement. A renouveler régulièrement selon le cas à soigner.

19 Décembre Des cosmétiques et de la tisane artisanale et bio pour Noël?

C’est l’hiver, tu as envie d’une crème merveilleuse et naturelle ?
D’un moment pour toi ? De créer toi-même tes cosmétiques bio ?

Avec Pauline Isambert, paysanne herboriste, viens prendre soin de toi et créer tes cadeaux de Noël bien-être.

Tous mes produits sont issus de l’Agriculture Biologique française. Les plantes à tisanes sont récoltées à la main et grandissent sous le soleil en France. La cire d’abeille vient de Abeille Machine, production urbaine et bio du 94. Les abeilles ont pour mission de polliniser les parcs et jardins protégés de la petite couronne. Je prends ma cire d’abeille chez Abeille Machine en soutien à leur volonté de reverdir l’espace urbain!

J’ai appris les tisanes, les baumes à la cire d’abeille et les huiles de massage en production artisanale et bio près de Nantes. Je te donne rendez-vous à l’occasion de Noël pour créer toi aussi ces cosmétiques naturels et en offrir à tes proches.

Tarif : 15€ pour deux créations: un baume a la cire d’abeille, une huile de massage, une tisane. Un petit prix pour rendre accessible à tous une santé naturelle!

C’est quand? Mercredi 19 décembre de 18h à 20h
A l’osteria, 17 rue du Général Leclerc. RER Rosny-sous-Bois

Billetterie Weezevent

Le Fenouil – Foeniculum officinale

Aneth doux, anis doux, fenouil commun.

De la famille des ombellifères – comme la carotte sauvage – ici j’utilise les feuilles, mais les semences et la racine sont aussi conseillés.Image associée

Le fenouil avec son goût anisé, est reconnu comme:

Apéritif: il met en appétit. La célèbre cuisine provençale l’utilise dans tous ses plats. Je suis toujours curieuse des usages culinaires pour comprendre les attributs des plantes.

Digestif: Le fenouil est reconnu pour traiter les troubles digestifs. Il permet entre autre de lutter contre la dyspepsie, les flatulences, le manque d’appétit ou l’aérophagie et de stimuler les muscles du côlon. En infusion ou décoction, je conseille de consommer ses graines après un repas pour faciliter la digestion. Bonne nouvelle : ce remède naturel est aussi adapté aux plus petits. Il est d’ailleurs particulièrement efficace contre les coliques infantiles.

Carminatif: il peut réduire les cas d’aérophagie ou gaz intestinaux. Un aliment carminatif, du latin  » carminare  » qui signifie  » carder la laine « . Transformé en latin médiéval en  » carminativus  » signifiant  » disperser en grattant « . En un mot cela signifie que le fenouil favorise l’expulsion des gaz intestinaux, tout en réduisant leur production. « Purifier, nettoyer en éliminant « .

Les femmes le connaissent comme galactogène. La tisane favorise la montée de lait. La teinture-mère de calendula aide en cas de crevasses sur le mamelon. Savais-tu que l’allaitement produit de la prolactine? Cette hormone dégagée par les glandes du mamelon permet l’apaisement du bébé et sa maman. Je parle de toutes les hormones féminines dans ma formation Plantes et contraception naturelle

Diurétique: favorise l’élimination par l’urine. Il aide à garder un bon équilibre sodium potassium. Il prévient les calculs rénaux. Il désincruste la cellulite. Bref un allié pour ta ligne!

 

La Bardane. Excellente pour la peau!

Herbes aux pouilleux, herbes aux teigneux, oreille de géant … On peut la confondre avec le chardon-marie dont elle est de la même famille. Une astuce bien connue: le velcro! Cueilles une fleur et tentes de l’accrocher à un vêtement. Ou bien, retournes une feuille. Si elle est dentelée et blanche duveteux en-dessous c’est la bardane!

PEAU: Quand on vient me voir pour des affections cutanées chroniques telles que l’eczéma, de l’acné, ou des petits boutons qui ne partent jamais, je pense à la bardane. Excellente dépurative (eczéma, acné, furonculose, impétigo). Indiquée en cas de psoriasis paraît-il. Cette maladie étant complexe, je conseillerai un bilan complet alimentation, vie, soins. Dans tous les cas, je crois favorable d’aller vers des repas végétariens, riches en fibres: farine semi-complète, légumes crus de préférence, des omégas 3. Continuer la lecture de La Bardane. Excellente pour la peau!

Vendredi 23.11 – Un apéro nature entre apprentis herboristes, naturo, botanistes?

Bonjour,
Un moment entre passionné.e.s et apprenti.e.s herboristes, naturos, botanistes?
Ce sont des échanges, conseils, créations d’un monde plus naturel. Tu es passionné.e convaincu.e ou tout simplement curieux.se?
C’est l’occasion idéale pour t’immiscer un peu plus dans le monde merveilleux d’une santé au naturel! Le plus? C’est sympa, gratuit et nous sommes au chaud dans un cocon bio! Les enfants sont les bienvenus : )

 

Le Lieu: Mlle Amande, 14 rue Saulpic, 94300 Vincennes. Métro Château de vincennes.

Pour t’inscrire c’est par là!

A bientôt!